Personne
Sisiku Julius Ayuk Tabe
D'après Wikipédia
Sisiku Julius Ayuk Tabe, né le 2 mai 1965 à Kembong, est un leader séparatiste camerounais et premier président de l'Ambazonie non reconnue. Il déclare, le 1er octobre 2017, l'indépendance des deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (NOSO), alors en proie à un conflit naissant, sous le nom de république fédérale d'Ambazonie.
En janvier 2018, il est arrêté au Nigeria aux côtés d'autres dirigeants séparatistes, avant d'être extradés au Cameroun, où ils sont condamnés à la prison à perpétuité en août 2019.
Biographie
Jeunesse et études
Sisiku Julius Ayuk Tabe naît le 2 mai 1965 à Kembong dans le département de la Manyu au sud-ouest du Cameroun.
Après le décès de son père, agriculteur, il est pris en charge par ses frères et sœurs aînés. Il fait ses études primaires au village d'Ewelle, puis à Ekok. En 1978, après avoir obtenu son certificat de fin d'études primaires, il s'inscrit au lycée public de Mamfé (Government High School ou GHS Mamfe), où il obtient ses diplômes du GCE O-Level et A-Level respectivement en 1983 et 1985, après sept années d'études consécutives. Après avoir réussi son A-Level, Sisiku Julius Ayuk Tabe obtient une bourse pour étudier au Royaume-Uni en 1985. Là-bas, il obtient un Bsc en mathématiques et en informatique à l'université de Keele en 1988, puis un master en ingénierie de contrôle à l'université de Sheffield en 1989.
Carrière professionnelle
À son retour au Cameroun, il enseigne à l'École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé (ENSPY). Il commence sa carrière professionnelle en tant qu'informaticien dans une entreprise parapublique. Il travaille également comme ingénieur pendant dix ans à la Société nationale d'électricité du Cameroun (SONEL) avant de s'installer au Nigeria en 2006, où il travaille pour le groupe américain Cisco. En 2011, il quitte le groupe pour rejoindre l'université américaine du Nigeria (en) en tant que premier directeur des systèmes d'information.
Rôle dans la crise anglophone au Cameroun
Président de la république autoproclamée d'Ambazonie
En juillet 2017, à la suite d'une réunion tenue au Nigeria, Sisiku Julius Ayuk Tabe est nommé président intérimaire des séparatistes.
Le 1er octobre 2017, il déclare symboliquement l'« indépendance » des régions anglophones du Cameroun. Sa déclaration est suivie de manifestations de soutien violemment réprimées, faisant 17 morts, selon Amnesty International et des sources officielles.
Le 9 novembre 2017, il condamne fermement le meurtre de trois gendarmes et d'un civil à Jakiri et Bamenda, dans la région du Nord-Ouest, qualifiant la situation de « désagréable ». Il condamne également les arrestations arbitraires et les tirs des forces de l'ordre, insistant sur le fait qu'une solution pacifique est la seule façon de sortir de cette impasse. Il accuse également le ministre délégué à la Défense, Joseph Beti Assomo, d'avoir donné l'ordre aux forces de l'ordre et aux soldats de tirer à balles réelles sur les manifestants dans les régions anglophones. Il estime que « l'Ambazonie a enregistré 122 morts, 150 personnes disparues, 1 894 personnes blessées par balles ou torturées, et au moins 16 000 personnes déplacées ». Il rapporte que près de 40 000 réfugiés camerounais ont été enregistrés dans l'État de Cross River, au Nigeria. Sisiku Julius Ayuk Tabe conclut en déclarant : « Une telle cohésion est une condition préalable à la réalisation des aspirations du peuple d’Ambazonia et à la prospérité de la nation ».
Le 2 mai 2019, alors qu'il est en détention, Sisiku Julius Ayuk Tabe signe un document déclarant que le cabinet intérimaire dirigé par Samuel Ikome Sako, qui lui succède en février 2018, avait été dissous et que son propre cabinet d'avant son arrestation avait été rétabli. Cette décision n'est pas reconnue par le cabinet dirigé par Samuel Ikome Sako, qui refuse de démissionner, arguant qu'un dirigeant en détention n'avait pas le pouvoir de destituer son remplaçant élu.
Affaires judiciaires
Arrestation, extradition, procès et condamnation
Début janvier 2018, Sisiku Julius Ayuk Tabe et neuf autres leaders séparatistes sont arrêtés à Abuja, au Nigeria. Le 29 janvier 2018, il est extradé à Yaoundé, au Cameroun avec 46 de ses partisans. Le 1er novembre 2018, Sisiku Julius Ayuk Tabe est aperçu en public pour la première fois depuis son arrestation. Il est en compagnie d'autres activistes, à Yaoundé, pour une audience consacrée à l'examen de leur demande de mise en liberté. À la sortie de la salle d'audience, où leur demande de libération est examinée à huis clos, les militants rejoignent un bus de la gendarmerie, saluant leurs proches, tenus à l'écart. Le 15 novembre 2018, Sisiku Julius Ayuk Tabe et plusieurs autres militants séparatistes comparaissent devant la Cour d'appel de la région du Centre à Yaoundé. La juridiction rejette leur demande de mise en liberté provisoire.
Le 10 janvier 2019, Sisiku Julius Ayuk Tabe nie sa nationalité camerounaise devant le tribunal, en affirmant : « Je ne suis pas Camerounais, je suis un citoyen de l’ancien Southern Cameroons britannique, également connu sous le nom d’ “Ambazonie” ». Ses neuf co-accusés lui emboîtent le pas. L'audience est reportée au 7 février 2019. Le 8 avril 2019, Sisiku Julius Ayuk Tabe et ses coaccusés refusent de comparaître à leur procès. Le 20 août 2019, le tribunal militaire de Yaoundé condamne Sisiku Julius Ayuk Tabe et neuf de ses partisans à la prison à vie, pour terrorisme et sécession. Ils sont également condamnés conjointement à verser des dommages et intérêts de 250 milliards de francs CFA à l'État du Cameroun. En septembre 2020, la peine est confirmée par la Cour d'appel du Centre.
Pourvoi en cassation
Le 18 décembre 2025, la Cour suprême examine le pourvoi en cassation de Sisiku Julius Ayuk Tabe, et de neuf codétenus. L'affaire est renvoyée au 15 janvier 2026. Le 19 mars 2026, la Cour suprême casse l'arrêt de la Cour d'appel qui avait condamné le leader séparatiste et ses coaccusés à la prison à perpétuité. L'affaire est renvoyée à la Cour d'appel, siégeant dans une composition différente, en vue d'un nouveau procès.
Vie privée
Sisiku Julius Ayuk Tabe est marié à Lilian Ayuk Tabe, et ensemble ils ont quatre enfants. Il est membre de l'Ekpe (en), une association traditionnelle du peuple Ejagham. Il est promu au rang de Sisiku d'Ekpe en 2015.
Œuvres caritatives
L'engagement caritatif de Sisiku Julius Ayuk Tabe comprend la création de la Ayuk Tabe Foundation dans la ville d'Eyumodjock, où lui et son épouse résidaient, ainsi que sa participation à l'initiative « Peacemakers » de l'État d'Adamawa, au Nigeria. Il organise et parraine régulièrement des tournois inter-villages afin d'occuper les élèves pendant les vacances dans la subdivision d'Eyumodjock. Il accorde également des bourses aux écoliers et aux étudiants de son village, tout en contribuant aux projets de développement du village.
Autres activités
Sisiku Julius Ayuk Tabe intervient en tant que conférencier motivateur lors de plusieurs congrès à travers le monde. Il est également agriculteur et possède une vaste plantation à Eyumodjock.
Cette fiche est provisoire : elle a été établie à partir des sources citées mais n'a pas encore été contrôlée par un rédacteur d'InsideKamer.
Sources
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