Personne
Mathieu Njassep
D'après Wikipédia
Mathieu Njassep, né en 1939 à Yabassi dans le département du Nkam, est une figure de la lutte pour l'indépendance du Cameroun, ancien maquisard, compagnon de lutte dès le 31 juillet 1960 et secrétaire particulier d'Ernest Ouandié. Son nom de guerre était « Ben Bella », en référence au leader indépendantiste algérien Ahmed Ben Bella.
Biographie
Famille
Mathieu Njassep est orphelin de père et de mère. Son père, Jacob Fossi, est militant de l'Union des populations du Cameroun (UPC); Il meurt jeté du haut des cascades des chutes de la Métché; il est connu pour avoir traîné avec lui dans sa chute ses bourreaux, contribuant ainsi à sauver la vie d'autres nationalistes condamnés à la même sentence.
Les débuts du militantisme
Mathieu Njassep a une vingtaine d'années quand il fait connaissance avec les combattants indépendantistes à l'Ouest. Comme lui, plusieurs jeunes sont enrôlés pour des tâches consistant à l'acheminement des lettres pour des villages voisins.
À l'obtention de l'indépendance du Cameroun le 1er janvier 1960, l'UPC marque son indignation, considérant cette indépendance comme une façade, au vu de l'influence continuelle de la France sur le nouvel État aux commandes du Président Ahmadou Ahidjo. À cette époque, Mathieu Njassep intègre l'Armée de libération nationale du Kamerun (ALNK), branche armée de l'UPC. L'organisation se déploie dès lors contre le nouveau pouvoir en s'attaquant au poste de militaires de l'Ouest Cameroun.
Secrétaire particulier de Ernest Ouandié
Après l'assassinat de Félix Moumié à Genève en novembre 1960, Ernest Ouandié retourne clandestinement au Cameroun prendre en main l'organisation. Mathieu Njassep devient son secrétaire particulier ; il est chargé de la rédaction des tracts et l'acheminement des correspondances.
Arrestation et déferrement
Le conflit inhérent à la lutte des nationalistes interpelle au haut point le pouvoir d'Ahmadou Ahidjo, qui fait de l'arrestation de Ernest Ouandié sa priorité.
Après un rendez-vous avec Mgr Albert Ndongmo qui est l'intermédiaire avec le président Ahmadou Ahidjo, Ernest Ouandié et lui se cachent dans la chambre de la case que celui-ci met à leur disposition chez un catéchiste. Au bout de quatre jours sans ravitaillement, abandonnés, buvant les sèves de lianes, ils sortent chercher des aliments. Se rendant comptent qu'ils sont encerclés et que Monseigneur Albert Ndongmo a disparu, ils prennent la fuite dans le maquis où ils sont pourchassés par les autorités de Yaoundé sous Ahmadou Ahidjo.
Lors de leur fuite, ils sont surpris par deux planteurs dans une cacaoyère et pourchassés. Pour protéger ses compagnons, Mathieu Njassep — alourdi par ses bagages — décide de se livrer pour ralentir les poursuivants et permettre à Ouandié, blessé au genou, d'échapper à l'arrestation.
Njassep est livré par les planteurs à la police. Il est interrogé sous la responsabilité de Thomas Nsoga au commissariat spécial de Mbanga. Celui-ci le conduit à Douala pour le livrer à sa hiérarchie.
Il est condamné à mort, le 5 janvier 1971, avec Ernest Ouandié et Raphaël Fotsing, mais sa peine est commuée en peine de prison à perpétuité. Il est déporté au nord, loin de sa famille. Il n'est libéré qu'en 1985.
Activités professionnelles
Libéré, il s'installe à Douala, où il travaille entre autres dans la boulangerie d'un ami d'enfance et comme commerçant. Il vit au quartier "Village" dans l'arrondissement de Douala IIIème.
Activités politiques et associatives
Il milite dans le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), dont il vit des aides.
Il est l'actuel président de l'Association des vétérans camerounais (Asvecam).
Vie privée
Mathieu Njassep est marié et père d'une fille. Son épouse décède de suite d'une longue maladie.
Ouvrages
Il coécrit un livre L'Avenir nous donnera raison.
Divers
Critique envers le régime de Paul Biya
Mathieu Njassep fustige le système Biya, qu'il qualifie de corrompu, néocolonialiste, népotiste, répressif et favoritiste.
Cette fiche est provisoire : elle a été établie à partir des sources citées mais n'a pas encore été contrôlée par un rédacteur d'InsideKamer.
Sources
- 1.
- 2.