Personne
Gaspard Mouen
D'après Wikipédia
Gaspard Mouen, mort avant décembre 2023, est une figure de l’opposition politique camerounaise sous la présidence d’Ahmadou Ahidjo. Arrêté en juillet 1976, il est détenu sans inculpation ni procès pendant plus de six ans.
Amnesty International le reconnaît comme prisonnier d'opinion et mène une campagne internationale en faveur de sa libération.
Biographie
Études et engagement politique
Gaspard Mouen entre à l’université de Yaoundé en 1966. Il devient par la suite un opposant politique au régime d’Ahmadou Ahidjo.
À partir de 1974-1975, il participe avec Martin Ebellè-Tobbo et d’autres militants à la constitution clandestine d’une organisation opposée au pouvoir camerounais.
Arrestation et détention
En juillet 1976, Gaspard Mouen et Martin Ebellè-Tobbo travaillent dans une société de fret à Douala. Ils sont arrêtés lors d’une vague qui touche environ deux cents personnes, principalement des étudiants, des enseignants et des employés de bureau, à Douala et Yaoundé. Les autorités les soupçonnent d’avoir participé à la diffusion de tracts hostiles au gouvernement pendant une visite du président Ahmadou Ahidjo, dans un contexte marqué par des grèves salariales au début de l’année.
Aucune inculpation n’est prononcée et aucun procès n’est organisé. Amnesty International ne relève aucun élément établissant que les personnes arrêtées ont employé ou encouragé la violence. L’organisation reconnaît plus d’une centaine de détenus comme prisonniers d’opinion.
Gaspard Mouen est d’abord détenu pendant environ six mois au siège de la Brigade mixte mobile de N’Kondengue, à Yaoundé. Il est ensuite transféré au centre de détention de Tcholliré, dans le nord du Cameroun. Les détenus y reçoivent une alimentation insuffisante et subissent des mauvais traitements. Les visites familiales sont rares et de courte durée. Ils ne disposent ni d’une assistance juridique ni d’un accès régulier aux soins médicaux. Gaspard Mouen est maintenu en internement administratif sans jugement en vertu de la législation camerounaise sur l’état d’urgence.
Campagne internationale et libération
Amnesty International choisit Gaspard Mouen comme « prisonnier du mois » en décembre 1980. En juin 1982, l’organisation demande aux responsables du Congrès mondial de cardiologie d’intervenir en faveur de neuf prisonniers d’opinion atteints de maladies cardiaques graves, parmi lesquels figure Gaspard Mouen.
Il est libéré du centre de Tcholliré durant la première semaine de décembre 1982, après plus de six années de détention. Il avait subi une crise cardiaque quelques semaines auparavant.
Dernières années et mémoire
Le 27 juin 2012, Gaspard Mouen témoigne à Douala dans le cadre de recherches consacrées à l’histoire des mouvements étudiants et de la contestation politique au Cameroun.
Il semble être décédé en décembre 2023. Son arrestation et sa détention figurent dans le témoignage de Nouk Bassomb, Le Quartier spécial : détenu sans procès au Cameroun, publié en 1992.
Cette fiche est provisoire : elle a été établie à partir des sources citées mais n'a pas encore été contrôlée par un rédacteur d'InsideKamer.
Sources
- 1.
- 2.