Personne

Anicet Ekane

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D'après Wikipédia

Anicet Ekane, né le 17 avril 1951 à Douala (Cameroun français) et mort le 1er décembre 2025 à Yaoundé (Cameroun), est un homme politique camerounais.

Il est président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie.

Biographie

Enfance, éducation et débuts

Né le 17 avril 1951 à Douala, Georges Anicet Ekane assiste en janvier 1971 à Bafoussam — comme Maurice Kamto — à l’exécution d’Ernest Ouandié, figure historique de la lutte anticoloniale au Cameroun et dernier leader de l’Union des populations du Cameroun (UPC) encore actif dans la clandestinité. Cet événement tragique marque profondément sa conscience politique. Il poursuit ses études secondaires au lycée Joss au Cameroun, puis au collège Alfred-Saker, avant de rejoindre le collège Saint-Pierre à Lille en France. Il intègre ensuite l’université Lille-I et l’École supérieure de commerce en France (ESCAE), où il se spécialise en économie et administration.

Carrière politique

Dans les années 1990, Anicet Ekane a été compagnon de lutte de Yondo Black. Il dirige le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM). En 2018, une décision du ministère de l'Administration territoriale le conforte à la direction du parti, à la suite d'une crise de leadership avec l'ancien président Dieudonné Yebga.

En juin 2025, Anicet Ekane annonce le retrait temporaire du Groupe de Douala pour permettre sa restructuration. Il dénonce des prises de position individuelles en faveur de Maurice Kamto, jugées contraires à l’accord collectif du groupe, et affirme vouloir réunir des membres.

En août 2025, devant le Conseil constitutionnel du Cameroun, lors d'un contentieux sur l'éligibilité des candidatures, il prend la parole en faveur de la candidature de l'opposant Maurice Kamto.

Circonstances de l'arrestation, conditions de détention et mort

Anicet Ekane, président du MANIDEM et figure de la plateforme d’opposition Union pour le changement, est arrêté à Douala le 24 octobre 2025, au lendemain de l’annonce de la victoire de Paul Biya à la présidentielle contestée du 12 octobre. Après un soutien à la candidature de Maurice Kamto à l'élection présidentielle d'octobre 2025 au Cameroun, candidature rejetée, Anicet Ekane soutient la candidature d'Issa Tchiroma avec la plateforme Union pour le Changement dont il est le cofondateur.

Arrestation

Lors de son arrestation le 24 octobre 2025 à son domicile, Anicet Ekane souffre déjà d’une « insuffisance respiratoire sévère » selon plusieurs médias (RFI, Jeune Afrique, Cameroun24, TV5Monde). Ces derniers insistent sur le fait qu’il était malade avant son interpellation et faisait l’objet d’un suivi médical.

Le 21 octobre, le MANIDEM accuse le colonel Jean Pierre Otoulou, commandant de la légion de gendarmerie du littoral, d'avoir confisqué le matériel médical et respiratoire d'Anicet Ekane.

Le 15 novembre, une lettre du cabinet de Maitre Meli, partagée à la presse, indique un déplacement de ses avocats de Yaoundé vers Douala le 13 novembre, au siège de la Légion de gendarmerie, dans les services du colonel Jean Pierre Otoulou. Ils s'y rendent pour reprendre les appareils médicaux, parmi lesquels l'extracteur d'oxygène dont il est dépendant depuis sa crise de Covid-19. Selon la même lettre, ils constatent la présence effective du colonel Jean Pierre Otoulou sur le lieu, celle des équipements dans sur le siège arrière du véhicule confisqué et immobilisé dans la cour des locaux de la Légion de gendarmerie de Douala. Ils ne sont pas en mesure de se voir restituer le matériels et adresse la lettre par courrier au porteur qui est déchargée le 15 novembre 2025.

Détention

Ensuite, Anicet Ekane est placé en « garde à vue administrative » au secrétariat d’État à la Défense (SED) de la gendarmerie camerounaise à Yaoundé, officiellement pour « insurrection » et « rébellion » liées aux contestations post-électorales. Djeukam Tchameni, Florence Tchitcho (trésorière du Manidem) et Abah Oyono sont aussi arrêtés et restent détenus au 22 octobre 2026.

Valentin Dongmo, vice-président du MANIDEM, souligne:

« Hier (dimanche 30 novembre 2025) encore nous avons réclamé une évacuation sanitaire auprès des autorités. »

Selon Henriette Ekwe Ebongo, camarade de lutte de longue date et upéciste comme Anicet Ekanè, il est emmené au tribunal militaire vendredi 28 novembre 2025 sans en être préalablement informé. Son avocat, Hippolyte Meli l'y retrouve avec Djeukam Tchameni et Abah Oyono. Il y fait un malaise et doit être évacué dans une centre hospitalier.

Mort en garde à vue au SED

Anicet Ekane meurt à l'aube du 1er décembre 2025 au matin. Après 38 jours de « garde à vue », au centre médical de la gendarmerie / hôpital militaire à Yaoundé ; son corps est ensuite transféré à la morgue de l’hôpital central de Yaoundé.

Réactions

Selon le gouvernement, Anicet Ekanè souffrait de « plusieurs affections chroniques » et était pris en charge « de manière appropriée » par le corps médical militaire, avec la collaboration de ses médecins personnels et des hôpitaux civils.

Le ministère de la Défense affirme qu’Anicet Ekane est mort « des suites de maladie » durant sa garde à vue au centre médical militaire de la Gendarmerie nationale à Yaoundé.

René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication, dit la « consternation » du gouvernement et annonce l’ouverture d’une enquête pour établir les circonstances exactes du décès.

André Luther Meka, communiquant du RDPC, avertissait Anicet Ekanè, en juillet 2025 sur le sort des précédents alliés de Maurice Kamto:

« Anicet Ekanè tu sais pertinemment toute la sympathie que j’ai à votre égard. Après avoir reçu l’argent de Heluh, il faut vite descendre à Dibombari demander à tes ancêtres de te protéger contre le famlah. Les deux alliés de Kamto à la présidentielle de 2018, Penda Ekoka et Paul Eric Kingue ne sont plus de ce monde »

Le 1er décembre, il affiche Anicet Ekane avec les deux précédents, puis en arrière-plan Maurice Kamto et un texte le qualifiant d'ange de la mort.

Selon des membres de la famille d'Anicet Ekane, des avocats et une partie de l’opposition les circonstances de sa mort sont différentes.

Maitre Hippolyte Meli Tiakouang qui traite la procédure de "fausse, illégale" déclare:

« En soutien à ses interlocuteurs, l’armée l’a conservé sans respect des Mandela’s Rules, l’a privé de l’oxygène gratuite jusqu’à son décès.

Le président Anicet Georges Ekane meurt en détention illégale, sous statut juridique inconnu des lois de la République.

Il n’a jamais ni été présenté à un juge, ni été inculpé de quelque infraction que ce soit. »

Maitre Emmanuel Simh parle d’un « crime d’État » et affirme qu’Anicet Ekane a été maintenu en détention alors qu’il était en détresse respiratoire, avec un accès insuffisant à l’oxygène et aux soins spécialisés.

Akere Muna dénonce une blessure sur une blessure.

Silencieux depuis 17 octobre, peu après la fin de l'élection, le 2 décembre, Maurice Kamto publie un vidéo et rend hommage au combat d'Anicet Ekané :

« Ils l'ont tué, ils ont tué le président du Manidem, Georges Anicet Ekané ! [...]

Sa mort en détention heurte violemment les consciences.

Je porte en mon âme son deuil.[...]

Hier le 1 décembre 2025, me rendant au chevet d'Anicet, j'ai appelé mes avocats pour savoir sa position.

C'est avec le décès d'Anicet Ekanè qu'on m'a accueilli.

Le président a été assassiné par la haine de Maurice Kamto, l'exécration du MRC, la détestation de Issa Tchiroma Bakary, le mépris de la démocratie et l'angoisse du changement. [...]

C'est un authentique crime d'état. [...]

Ta mort fertilisera la lutte de notre peuple pour son émancipation totale.

Ton holocauste suit ceux des héros nationaux qui t'ont précédé sur le long chemin de cette lutte.[...]

Pour ma part, comme toi, je suis né ici, je vis ici, je mourrais ici. Si le pire devait arriver, nous l'attendrions ici, dans la dignité. Et les humiliations répétées n'y changeront rien ! [...]

La paix de ton visage que j'ai contemplé lundi matin sur ton lit de mort est le serment que tu nous en donne [...]

May your soul rest in perfect peace ! »

Théophile Kouamouo, dans une analyse dans Décrypter l'Afrique, fait un lien avec la mort par asphyxie et le slogan I can't breathe qui a suivi la mort de George Floyd.

La famille déclare qu’il étouffait depuis une semaine, qu’il avait des difficultés à manger et respirer, et qu’ils ont alerté en vain les autorités sur l’aggravation de son état. Gertrude Ekane, la sœur d'Anicet Ekane, déclare à VoxAfrica que son appareil respiratoire a été confisqué, bousillé et que c'est seulement jeudi 27 novembre 2025, avec l'aggravation de son état que les autorités lui ont fourni un appareil de remplacement. Elle déclare aussi aux autorités :

« Gardez le corps ! La famille ne veut pas ça ! »

Des articles de presse et posts (Cameroun24, Mimi Mefo Info, etc.) affirment que ses dispositifs d’oxygène auraient été saisis ou coupés par la gendarmerie, ce qui aurait contribué à son décès.

Des formations politiques (MANIDEM, Union for Change) parlent d’« assassinat » ou de « mort en détention par négligence délibérée » et réclament une enquête internationale.

L’UE et des ONG y voient un symbole des conditions de détention très mauvaises et politisées au Cameroun, et demandent la libération des personnes détenues arbitrairement depuis le scrutin.

Texte de l'article Wikipédia « Anicet Ekane », révision du 7 octobre 2026, disponible sous licence Creative Commons Attribution – Partage dans les mêmes conditions 4.0. Wikipédia est rédigée par des bénévoles ; vérifiez les faits importants auprès des sources qu'elle cite.

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Sources

  1. 1.
    Georges Anicet Ekane
    WikidataDernière vérification: 22 octobre 2026
  2. 2.
    Anicet Ekane
    Wikipedia (English)Publié 20 juillet 2026Dernière vérification: 22 octobre 2026
  3. 3.
    Anicet Ekane
    Wikipédia (français)Publié 7 octobre 2026Dernière vérification: 22 octobre 2026