Personne
Albert Ndongmo
D'après Wikipédia
Albert Ndongmo est un prélat catholique camerounais, né le 26 septembre 1926 à Bafou (Cameroun) et mort le 29 mai 1992 à Québec (Canada), où il vivait en exil depuis sa sortie de prison en 1975 (sa condamnation à mort de 1971, prononcée par le tribunal militaire de Yaoundé, ayant été commuée par le président Ahidjo). Il est évêque de Nkongsamba d'août 1964 à janvier 1973.
Biographie
Formation et débuts
Albert Ndongmo est élève au petit séminaire de Melong puis au grand séminaire de Mvolyé. Il est ordonné prêtre le 21 décembre 1955 et devient professeur au petit séminaire de Melon ainsi qu'aumônier diocésain de l'action catholique.
Carrière
Il est nommé évêque de Nkongsamba (Cameroun) le 16 juin 1964, succédant à Mgr Paul Bouque. Il est consacré le 16 août suivant par l'évêque titulaire d'Abbir Germaniciana (de) Paul Bouque avec comme co-consécrateurs l'évêque de Buéa Julius Joseph Willem Peeters (de) et l'évêque de Douala Thomas Mongo. Il renoncera à la fonction le 29 janvier 1973.
En 1960, il lance le journal L'Essor des jeunes où il enseigne le civisme et diffuse ses idées en matière de développement ainsi que ses propositions politiques. Son action s'inscrit dans la recherche du bien-être social, du développement et de la paix pour ses citoyens. Le journal est plusieurs fois censuré.
En 1969, Mgr Ndongmo fonde la société Mungo Plastique avec le financement de son diocèse. L'entreprise est destinée à la fabrication locale d’objets en matière plastique et s'inscrit dans un projet de développement du secteur industriel au Cameroun. Elle est dirigée par Yves Verbeek, un citoyen belge.
Arrestation et procès
Les services de renseignement français et camerounais comprennent rapidement qu'Albert Ndongmo n'est plus un simple « intermédiaire », mais bien un militant pro-UPC, et choisissent de l'utiliser pour éliminer Ernest Ouandié et ses compagnons. Espionnant les moindres gestes de l’évêque, les services de sécurité du gouvernement camerounais localisent le maquis de Ouandié.
L'Agence France Presse relaie le 11 août 1970 l'annonce par le gouvernement camerounais de la découverte d'un stock d'armes au sein de la Mungo Plastique, et ne répond pas à la lettre critique d'Albert Ndongmo qui dément l'information et exige des précisions.
Peu avant l’opération destinée à neutraliser Ouandié, Ndongmo est opportunément rappelé à Rome ; le Saint-Siège, alerté sur l'engagement de l'évêque aux côtés des rebelles, voulant éviter le déshonneur qu'impliquerait l'arrestation et la condamnation de l'un de ses représentants pour collaboration avec une guérilla souvent décrite comme communiste. Ndongmo retourne pourtant au Cameroun et est arrêté le 27 aout 1970.
Des dizaines « d'opposants », ou supposés tels, non liés à la rébellion, sont également arrêtés dans les jours ou semaines qui suivent le démantèlement du maquis d'Ernest Ouandié. À l'exception d'Albert Ndongmo, protégé par son statut d’évêque, tous les prisonniers sont torturés à la gégène, à la « balançoire » ou à la « baignoire ». Mgr Ndongmo est toutefois spécifiquement ciblé par une campagne de dénigrement qui lui prête notamment des relations avec de prétendues maitresses.
En France, la plupart des grands médias (AFP, Le Monde...) — à l'exception de La Croix — reproduisent sans recul la version présentée par le gouvernement d'Ahmadou Ahidjo. En revanche, le réseau Solidarité d'Henri Curiel se montre très actif, mobilisant avocats et intellectuels pour tenter d'organiser la défense juridique et médiatique des accusés, et approchant des diplomates français pour les convaincre d'intervenir.
Condamné à mort par le tribunal, sa peine est ensuite commuée par Ahmadou Ahidjo en détention à vie dans un « camp de rééducation civique » (Ernest Ouandié est quant à lui exécuté). Il est finalement libéré en 1975 et s'exile au Canada.
Militantisme social et politique
Albert Ndongmo a une conception active de sa mission sacerdotale. Il écrit en 1963 dans le journal La Croix :« L’État croit que nous devons prêcher un christianisme désincarné, parler du ciel, des anges, sans toucher aux réalités vitales de chaque jour. Or, l’Évangile du Christ n'est pas une théorie, mais une vie. Il s'insère dans toute la vie de l'homme engagé dans la famille, la politique, la profession et le syndicat. »Ses prêches, qui attirent généralement une foule considérable, sont pour lui l'occasion de critiquer le fonctionnement du régime. S'il prend garde de ne jamais attaquer frontalement le président Ahidjo, il dénonce en revanche la corruption et la brutalité de ses collaborateurs. Le pouvoir cherche dans un premier temps à exploiter la popularité du prélat pour pacifier la région, des maquis de l'UPC y étant encore implantés. Ainsi, il est désigné comme intermédiaire avec le chef rebelle Ernest Ouandié.
Au cours du concile Vatican II, le 16 octobre 1965, il intervient sur le ministère et la vie sacerdotale du prêtre.
Il se voit également confier la tâche de s'occuper des étudiants catholiques africains en formation en Europe. Il est ainsi en contact avec l'organisation clandestine Solidarité, dirigée par le militant communiste et tiers-mondiste Henri Curiel. Cette organisation organise la venue en France de Nicanor Njawué, le représentant de l'UPC à Alger, pour lui permettre de prendre directement contact avec Albert Ndongmo afin de constituer un « front antifasciste » unissant l'UPC aux catholiques opposés à Ahidjo.
Succession apostolique
Albert Ndongmo a ordonné les évêques suivants :
Évêque Denis Ngandé (1970)
Cette fiche est provisoire : elle a été établie à partir des sources citées mais n'a pas encore été contrôlée par un rédacteur d'InsideKamer.
Sources
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