Langue

Batanga

Provisoire — en attente de vérification

D'après Wikipédia

Cet article traite des dialectes batanga (ndowè).

En Guinée équatoriale et au Gabon, les Batanga sont appelés ndowè qui signifie « ceux qui disent « iwε na éé » » pour dire « nous disons que » dans le but d'interpeller un auditeur. Les ndowè se divisent en deux sous-groupes :

les Bomba (benga, bapuku, banôhô, lohongè et batanga) qui pour interpeller un auditeur disent « mba na éé ».

les Bongwè (kombè, iyasa, eone, bohiko, mari) qui le font en disant « ngwε na éé ».

La consonne « s » en iyasa devient « r » en kombè. Exemple : « vusέcέ » qui veut dire « attends ! » en iyasa devient « vurέcέ ».

Les Bapuku de Guinée-Équatoriale sont les bapuku ba manga. Ils sont voisins des Benga. Les Bapuku du Cameroun sont les bapuku ba ebóndo. Les Bapuku et Benga forment une sous-famille parmi les Bomba tandis que Banôhô et Batanga forment l'autre sous-famille conformément à leurs langues. Les Banôhô seraient originaires de la région du Bas-Nyong, plus précisément de Lôtè d'après leur tradition orale. D'ailleurs un village à l'embouchure du Nyong, Behondo, parle à l'accent près la même langue que les Banôhô.

Le lohongè qui est uniquement parlé à Lokoundjé est une langue en voie de disparition. Elle est actuellement parlée par moins de trente personnes. À quelques mots prêts, elle représenterait la langue Tanga sans influence des langues voisines.

Les langues banôhô-batanga-lohongè seraient filles des langues bapuku-benga.

Origines

Les langues ndowè sont très proches des langues kota, duala, isuwu, limba, mboko, odi, pongo, kpe, londo, ôrôkô, etc. Ces langues présentent une étroite parenté avec les langues de la province de l’Équateur en République démocratique du Congo comme le lingala, le bobangi et le lingombé. Le kakô et le mbimô parlées dans les départements de la Kadey et de la Boumba et Ngoko à l’est du Kamerun relèveraient des mêmes liens avec les confins oubanguiens :

Les gbaya à l’Est et dans l’Adamaoua utilisent le même préfixe « bo » comme les ndowè pour désigner le clan ainsi on trouve les noms des clans comme « bodante », « bodayi », etc. On pourra remarquer que les bangando de Moloundu qui sont parents des gbaya s’appellent « bongandό » c’est-à-dire « le clan du caiman » comme le dirait les ndowè pour dire « clan du caiman ». Tout ceci semblent indiquer que le batanga serait une langue qui viendrait des confins oubanguiens en passant par l’est du Cameroun.

Classification

Les langues batanga appartiennent au groupe A de la sous-famille de langues bantoues stricte, du groupe de langue bantoïde sud de la famille des langues nigéro-congolaises.

Classification Guthrie : A.30 (Bube-Benga).

Voyelles

l L I

Les tons notés sont :

le ton haut noté à l’aide de l’accent aigu : á

le ton moyen noté à l’aide du macron : ā

le ton bas est noté par la voyelle seule : a

le ton montant noté à l’aide de l’accent antiflexe : ǎ

le ton descendant noté à l’aide de l’accent circonflexe : â

Consonnes

Le batanga contient plusieurs consonnes occlusives prénasalisées :

Quand le ɓ et le ɗ sont nasalisés, ils deviennent b et d.

Une particularité des langues ndowè est qu’elles ne tolèrent pas de terminaisons consonantiques. Ainsi les mots comme avion ou soupe seront toujours articulées « aviɔ́ŋi » ou « súpu ».

Phonologie

Harmonie vocalique

En batanga, comme aussi en lingala, les mots suivent un synharmonisme. La voyelle semi-fermée /o/ ne se trouve pas dans des mots contenant la voyelle semi-ouverte /ɔ/. Par exemple : dibɔ́ngɔ́ (genou) et dibóngo (débarcadère) existent mais * dibɔ́ngo et * dibongɔ́ n’existent pas.

Prosodie

La pénultième syllabe des mots en Tanga est généralement accentuée, comme en italien et en swahili. Du fait du voisinage du limba et du koko, cet accent est moins ressenti dans la variante Tanga.

Grammaire

Les classes nominales

Le système de noms batanga est basé sur un ensemble de classes nominales organisées en paires singulier-pluriel, ou marquant des noms invariables, de noms collectifs ou de noms abstraits.

Selon le grammairien Johannes Ittman les classes 3 et 4 « désignent des êtres vivants ou en mouvement ou remplis d’une force vitale animiste, par ex. des hommes envoutés, des esprits, des phénomènes naturels, … ». Il dit aussi que les classes 5 et 6 « désignent des choses allant de pair comme les yeux, les joues, les mains, les cuisses, les dents, les jumeaux, etc., et par suite des choses comportant un élément double, comme une échelle, une lance, un fourreau d’épée, une nageoire caudale, un ventre ; … ».

Exemple:

Classe nominale du mot « chien » en batanga

Ce mot appartient à la classe 9 au singulier 10 au pluriel qui n’admet pas de modification au pluriel cette classe a pour affixe ni au singulier et yi au pluriel. Le tanga et le limba se sont basés sur le « i » de imbwá pour le traiter comme un mot de la classe 11 où les mots au singulier commencent par « i » et font leur pluriel en « lo » classe 12 exemple inôni te vi (cet oiseau) au pluriel donnent lonɔni te lo (ces oiseaux). Il aurait fallu qu’on dît « imbwá te vi » pour qu’on ait au pluriel « lombwá te lo ». Donc « imbwá » ou « imbɔ́ » devrait rester invariable comme dans les autres langues.

Préfixes verbaux

Infixes sémantiques

Il y a plusieurs infixes sémantiques en batanga. Ceux-ci permettent de modifier le sens des verbes, et parfois le mode ou le temps de conjugaison. Ils s’attachent directement à la suite de la racine du verbe, précédant ainsi la désinence. Par exemple le verbe idiba, « fermer », à la racine -diba (-dib- et la désinence -a) et sa forme réversive est dibua, « ouvrir », à la racine kokangola (-dib-, le réversif -u- et la désinence -a).

-bε : statif

idá «manger» → idábε « être mangé»

idibua « ouvrir » → idibuabε « être ouvert »

-am- : statif reflexif

ibumε « tourner ventre contre terre» → ibumama « se tourner ventre contre terre»

idibua « ouvrir » → idibuama « trouver ouvert »

-an- : directif, statif

itála « regarder » → itálanè « se regarder (mutuellement) »

ibiya « connaître, savoir » → ibiyanε « se connaître (mutuellement), être connu »

-iy- : causatif

puma « sortir » → pumiyε « faire sortir »

-u- : réversif

pumba « jeter » → pumbua « ressusciter »

ipátε « accrocher » → ipátua « décrocher »

-ea : applicatif

ilinganea « plaider pour »

-ea : intransitif

ipumbea « se perdre »

-ea : reflexif

idiba « fermer » → idibanea « se fermer »

L'applicatif qui existe en duala et en lingala semble avoir disparu dans les langues ndowè.

Conjugaison

Dans tout ce qui suivra nous noterons la langue nôhô N., la langue bapuku P., la langue batanga stricto-sensu T., la langue Benga B. et la langue Iyasa I..

Formes du verbes

Action complètement terminée

a) N., T. et L. na míndi ida ; P. i míndi ja « J’ai fini de manger ».

Accomplissement parfait (l’action s’est achevée dans le passé)

b) N. et T. et L. na déindi ; P. i jéndi « j’ai mangé ».

a) N. et T.et L. na jáindi na mada ; P. i má já ndi «J’avais mangé ».

Narration (l’action a eu lieu dans le passé)

a) N. ,T., L. mba bo dáha ; P. mba bo jáka « je mangeai »

b) N. et L.et T. mba na dáha ; P. mba na jáka « je mangeai ».

Présent

a) N. et L.et T. na tubwandi idá ; P. i tubwandi ijá « je commence à manger ».

b) N. et L.et T. na ndi idá ; P. i ndi ijá « je suis en train de manger ».

c) N. et L.et T. na dándi ; P. i jándi « je mange ».

e) N. et L.et T. na bi té na dáha ; P. i bi te i jáka « je continue de manger ».

f) N. et L.et T. naha ndi ida ; P. na bei ja « j’ai commencé à manger ».

Futur

a) N. et L.et T. na landi ida ; P. i ka jándi « je mangerai ou je vais manger». (ka est aussi auxiliaire du futur en égyptien antique)

Principales formes modales des verbes

Infinitif

N. ,T., L. idá ; P. ijá « manger »

Indicatif (intemporel)

à) itératif

N. ,T., L. na dáha ; P. na jáka « je mangeais continuellement »

b) verbe dans la relative

N. ,T., L. moto a dέhε ; P. moto a jásε « l’homme qui mange »

N. moto wami á ma vέnɔ ; L. et T. moto amέ á vέnɔ; P. moto wamέ a vέsε « l’homme à qui je donne »

Potentiel

N. ,T., L. na ndi na daha ; P. i ndi i jaka « je peux manger »

Habituel

N. ,T., L. na jandi idá ; P. i jandi ijá « j’ai l’habitude de manger »

Conditionnel

a) réel

N. ,T., L. na déi ngέ ; P. i jé ngέ « si je mange »

b) irréel

N. ,T., L. na jai idá ; P. i jaki já « si je mangeais »

Concession

a) réel

N. ,T., L. tɔmbété na dálε; P. tɔmbété i jalέ « si je mange »

N. ,T., L. na dálέ té; P. i jálέ té « si je mange »

b) irréel

N. ,T., L. tɔmbéte na jai idá ; P. tɔmbété i jaki já « si je mangeais »

Optatif

N. ,T., L. na dáe ; P. i jáse B. i jáke « que je mange »

Impératif

N. ,T., L. dáhá ; P. et B. jáká « mange »

Formes verbales négatives

Négation avec hí (ton haut)

a) présent

N. na hí ma da ; L. et T. ná dá ; P. ná jáká « je ne mange pas »

b) Parfait

N., L. et T. ná déi ; P. ná bo já ou ná já « je n’ai pas mangé »

N. ná hí déi te ;L. et T. ná hi ma dá té ; P. náhá jé té « je n’ai pas encore mangé »

Négation par hi (ton bas)

N., L. et T. na hi dé P. na hi jé (moi n’ayant pas mangé)

Négation par itíwε

N., L. et T. na itíwε na dáha; P. na itíwε na jáka « je ne peux pas mangé »

Négation par ibέwέ

N.,L., T., P.,Ibέwέ ijá « sans avoir mangé »

Prohibitif

N., L. et T. ná dáhá ; P. ná jáká « je ne dois pas manger »

Le batanga et les langues voisines

Le benga et le pongwè

Le benga du fait de son voisinage avec le pongwè s’est écarté sur certains points du reste des langues bomba. Le préfixe « M-» de la 1re classe nominale est muté en « U-» qui est propre aux langues myénés confère le tableau ci-dessous et le « l » est souvent transformé en « r». Ainsi nlési (riz) est transformé en urési (riz).

Le tanga et le limba

Le tanga langue ndowè parlée sur les rives de l’embouchure du Nyong, du fait du voisinage avec le malimba et du duala ou par l’évangélisation de l’Église évangélique aurait emprunté les mots suivants :

Le tanga a la particularité d’aspirer plus fortement le « h » que les autres langues ndowè exactement comme en malimba.

Quand un verbe est terminé par la désinence « -ua » comme « dangua (marcher) », « langua (parler)» le tanga forme le parfait en remplaçant « -ua » par la désinence « -όi » au lieu de « -ui » comme dans les autres langues ndowè. Exemple : « na dangόi ndi » au lieu de « na dangui ndi » (j’ai marche). Cette particularité serait une influence due au limba. En limba on dit : « na dangόi » et en duala « na dangό ».

Le tanga a d’autres mots en commun avec le limba qui n’existent pas dans d’autres langues ndowè ; exemple : « pĭ » pour tranquillité, « tang » pour important, « dɔ́la » pour la pièce de cinq francs prononcée avec la consonne occlusive bilabiale « d » comme en français au lieu du « d » implosif commun au ndowè. Les occlusives « d » et « b » telles qu’elles sont articulées en français n’existent pas dans les langues ndowè, d’où le martyre que font subir les instituteurs allogènes aux élèves batanga pour les contraindre à bien prononcer ces consonnes qui n’existent pas dans leur langue.

Le lohonge et le tanga

Le lohongè, langue ndowè parlée sur les rives de l’embouchure de la Lokoundje et le tanga langue parlée à l’embouchure du Nyong, à l’exception d’emprunts faits par le tanga au limba, ne diffèrerait que sur les mots suivants :

Les Ewodis appellent leur pays Nkόndo. Nkόndo est un lieu sacré dans le fleuve Lokoundje vers l’embouchure.

Le noho, le lohonge et le tanga

Le noho langue des banoho, le lohongè et le tanga sont directement inter-compréhensibles et semblent être des langues intermédiaires entre le puku-benga et le limba-duala. Les différences entre noho, lohongè et tanga sont les suivantes :

La phrase « na hí ma da te » en noho signifie « je n’ai jamais eu à manger » alors qu’en Lohongè et en Tanga, elle veut dire « je n’ai pas encore mangé ces derniers instants ».

Le batanga et les langues voisines

Le tanga, le lohongè et le nôhô appellent le lit « inɔngɔ́ » alors le puku l’appelle « ikondo ». On peut remarquer que certains dialectes basa’a appellent le lit « nang » d’autres « ikondo ». Le mot « epôla» qui signifie espace entre deux banquettes d’une embarcation en ndowè veut simplement dire espace en basa’a entre deux objets ou deux personnes.

Les Mabea appellent les Balimba ,« Bɔjimbɔ » mot qui viendrait du batanga « Balimba ».

Le batanga aurait emprunté certains mots au bulu par exemple : « esamsε » pour friperie, « nkadipɔ » qui vient de « nkatefɔ » pour catéchiste, « makuskus » pour vendeuse ambulante, « zeze » pour simple, « mfɔ́bú » pour commérages.

Lexique

Exemples : Liste Swadesh du batanga

Texte de l'article Wikipédia « Batanga (langue) », révision du 4 septembre 2026, disponible sous licence Creative Commons Attribution – Partage dans les mêmes conditions 4.0. Wikipédia est rédigée par des bénévoles ; vérifiez les faits importants auprès des sources qu'elle cite.

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Sources

  1. 1.
    Noho
    WikidataDernière vérification: 21 octobre 2026
  2. 2.
    Tanga language
    Wikipedia (English)Publié 27 février 2024Dernière vérification: 21 octobre 2026
  3. 3.
    Batanga (langue)
    Wikipédia (français)Publié 4 septembre 2026Dernière vérification: 21 octobre 2026

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